Ryan Giggs plus fort que Chuck Norris


Depuis “Si j’étais né en 17 à Leidenstadt” de Fredericks Goldman Jones, plus personne ne peut prétendre ignorer l’insoutenable fatalité que l’appartenance nationale imprime sur toute une existence. Cet adage ne saurait trouver de meilleure illustration que dans le monde du football international. De George Best à George Weah, en passant par Teofilo Cubillas, Kenny Dalglish, Hugo Sanchez, Abedi Pele, Jari Litmanen, Dwight Yorke, Andreï Shevchenko ou le luxo Jeff Strasser [blague] nombre de joueurs de talent auraient mérité une carrière internationale qu’ils n’ont jamais eu, faute de jouer pour une sélection nationale un tant soit peu compétitive au haut niveau.
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Il en est ainsi de Ryan Giggs, l’inusable ailier gauche de Manchester United, qui a eu l’infortune d’être né de parents et de grands-parents Gallois, dans le district de Canton, le quartier paki de Cardiff (notons par ailleurs que le grand-père paternel de Giggs est originaire de Sierra Leone, ce qui fait de lui le Julien Clerc gallois, preuve en est cette photo de son paternel). Si les Britanniques ne s’autorisaient pas la coquetterie d’avoir des équipes internationales à un niveau infra-national, on ne voit pas bien ce qui aurait pu empêcher notre héros du jour d’être reconnu à sa juste valeur, celle d’un des tous meilleurs joueurs de sa génération, sinon le meilleur et sans aucun doute le plus régulier à son poste. Quand on sait que Michael Owen a pu remporter un ballon d’or… A l’heure qu’il est le même Michael Owen serait en train de battre son record au jokari sur le banc de Sunderland si seulement Giggs était né anglais. Si Giggs était né en 73 à Liverpool, il aurait renvoyé le Brésil aux vestiaires à la Coupe du monde 2002, se serait offert un doublé contre la Turquie en demi-finales et aurait suspendu Oliver Kahn à un croc de boucher avant de soulever rageusement le trophée que l’Angleterre attend depuis 1966. Partout sur l’île on aurait vu fleurir un troisième Summer of Love, sous le regard bienveillant de la reine Elisabeth qui aurait quant à elle invité Camilla à une tea party, tandis que Tony Blair aurait réfléchi à deux fois avant d’envoyer les boys en Irak… Qui sait, les frères Gallagher seraient peut-être encore réunis…
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Giggs à la fête
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Quand Ryan Giggs joue, tu ouvres grand les yeux, tu te tais et à la fin tu t’essuies le slip (Mark The Ugly s’en souvient encore [00:20]). A bientôt 36 ans, Giggs a oublié de vieillir et enchaîne les matchs avec toute la gaillardise d’un jeune appelé, ce qui est d’autant plus remarquable qu’il joue à un poste où les chevilles chancellent rapidement (qui se souvient d’Arjen Robben ?). Ryan Giggs a oublié de vieillir, mais il n’a pas oublié d’où il vient. Fidèle à MU, comme Totti l’est à Rome, Raul à Madrid ou Maldini à Milan, il n’a connu qu’un club, qu’il sert depuis près de vingt ans, avec la même passion que Gary Neville, le talent en plus. Ca avait pourtant mal commencé. En 1985, le jeune Ryan qui vient d’avoir douze ans prend le bus tous les matins en écoutant Rod Stewart sur un walkman Sony de 2 kilos 5 que son oncle lui a ramené d’un voyage à Hong Kong, pour aller s’entraîner avec la School of Excellence de Manchester City. Mais il sera vite repéré par les gros voisins d’en face, et tonton Alex Ferguson toquera au domicile parental le jour de ses 14 ans, les poches remplies de friandises, un gros chèque à la main et en bouche la promesse de passer pro dans trois ans.
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Quand il rejoint l’équipe première de MU en 1990-91, il ne jouera que 2 matchs de toute la saison. Pourtant, dès l’année suivante il fait une saison pleine, participe à 38 matchs et est sacré meilleur jeune joueur de l’année, alors qu’il n’a pas encore dix-neuf ans. Il lui faudra une saison supplémentaire pour remporter son premier championnat (qui est aussi le premier de Manchester United depuis 1967), marquant 9 buts soit tout autant qu’un certain Eric Cantona, débarqué la même année. Dès lors il ne perdra jamais sa place de titulaire, jouant entre 24 et 41 matchs de championnat par saison sur dix-huit ans.
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La fiche lequipe.fr de Ryan Giggs
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Au-delà de cette régularité hors du commun (Giggs a-t-il jamais été blessé ?), le Gallois enchaîne les records, d’une telle manière qu’on pourrait le surnommer le Chuck Norris du football. Recordman des apparences avec Manchester United – il est passé devant Bobby Charlton le jour de la finale de la Ligue des champions le 21 mai 2008, avec 758 matchs -, Ryan Giggs est aussi le seul joueur à avoir gagné onze titres de champion d’Angleterre. Ailier ou milieu latéral, Giggs est le meilleur buteur de l’histoire de la Premier League qui ne joue pas au poste d’attaquant ; mais il est surtout le seul joueur à avoir trouvé les filets à chaque saison depuis la création de cette compétition en 1992 ! L’Europe se souvient aussi de lui, puisqu’il a été le premier joueur de l’histoire de la Champions League a marquer durant douze saisons consécutives… Plus qu’un compétiteur, Giggs est aussi un homme de discipline, se distinguant par un comportement exemplaire sur le terrain : il n’a jamais obtenu un seul carton rouge en jouant avec Manchester (!), malgré 20 saisons et 814 matchs. La seule expulsion de sa carrière, il l’a glanée avec le maillot de son équipe (infra-) nationale.
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La sélection nationale est vous l’avez compris le talon d’Achille du bonhomme. On a d’ailleurs reproché à Giggs de ne pas se montrer disponible pour les matchs amicaux de la sélection galloise. Après avoir côtoyé Cantona, Roy Keane, Van Nistelrooy ou C. Ronaldo, allez-y vous, rejoindre Robert Earnshaw et Sam Ricketts… Selon la version officielle, il aurait été blessé à chaque fois qu’il était appelé sous les drapeaux pour un match amical. Il semble qu’il ait plutôt subi les pressions d’Alex Ferguson, toujours réticent à libérer ses joueurs pour les matchs internationaux. Alors que son équipe est à la ramasse dans les qualifications à l’Euro 2008, Giggs annonce la fin de sa carrière internationale en mai 2007. Le Pays de Galles finira cinquième de son groupe avec 15 points, tandis que les Tchèques et les Allemands en affichent respectivement 29 et 27. Pauvre “nation”, qui n’a plus participée à la moindre compétition internationale depuis la coupe du monde de 1958. Ian Rush et Mark Hughes s’y étaient cassé les dents, Ryan Giggs n’aura pas su non plus élever cette sélection. Déjà qu’ils ont assez de mal comme ça en Rugby…
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Mais revenons au Giggs que nous connaissons, celui de Manchester United. En 2009, la presse sportive britannique lui décernait le trophée de meilleur joueur de l’année, dix-huit ans après ses débuts, et seize ans après qu’il eut reçu pour la seconde fois le titre de meilleur jeune ! Une belle reconnaissance qu’il a su attendre, “pour l’ensemble de son oeuvre” serait-on tenté de dire, si Giggs ne s’était véritablement démené cette saison là. Et ça continue : le 20 septembre dernier contre Manchester City, il s’est payé le luxe d’offrir pas moins de quatre passes décisives, assurant la victoire des siens sur le fil, 4 à 3 (vidéo). Le 1er octobre , Manchester affrontait les carossiers de Wolfsburg en Ligue des champions. Menés au score à la 56ème, Giggs égalisait d’un coup-franc plutôt chanceux quelques minutes plus tard, avant d’offrir un caviar à Carrick à la 86ème pour le but de la victoire… (vidéo). Ce soir là,c’était le 150ème but de Giggs avec MU, toutes compétitions confondues. Et les supporters d’entonner tous en coeur “Giggs, Giggs will tear you apart, again“, sur l’air de Love will tear us apart de des mancuniens de Joy Division. Ah, le foot anglais…



Le Shakhtar Donetsk, naissance d’un mythe


L’histoire retiendra le nom du Shakhtar Donetsk (dénommé Chakhtior en russe, soit toute la différence entre le Шахтар ukrainien et le Шахтёр russe, merci Wikipedia) comme celui du dernier club à soulever le trophée de la coupe de l’UEFA, en mai dernier, suite à leur victoire finale face aux allemands du SV Hambourg, la coupe UEFA étant remplacée à partir de cette année par la nouvelle formule de l’ “Europa League”.
Signalons par ailleurs qu’aucun club français n’aura remporté cette compétition en 36 ans d’histoire, alors que les Russes et les Suédois l’ont remporté à deux reprises (par deux fois pour l’IFK Göteborg en 82 et 87 !), et que le Galatasaray et même Anderlecht s’y sont imposés (on se souvient de la finale contre Arsenal gagné aux tirs aux buts par les Turcs en 2000, emmenés par un Gheorge Hagi crépusculaire, alors que le club bruxellois a remporté l’édition de 1983).
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Hier soir, le club ukrainien est passé tout près de la consécration, puisqu’il a fallu 115 minutes, soit deux mi-temps de prolongation, pour que le FC Barcelone vienne à bout du Shakhtar, en finale de la supercoupe d’Europe, pour l’emporter sur le fil 1 à 0 (but de Pedrito).
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Alors rendons hommage à ces valeureux cosaques à crampons en revenant en images sur les premières années de ce club qui n’a pas fini de faire trembler l’Europe du foot. Ou plutôt, imaginons une histoire à la hauteur d’une telle équipe, parce que c’est quand même plus fendard.
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Le Shakhtar, une histoire qu’il aurait fallu quand même inventer si elle existait déjà
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Le club a été fondé le 1er mai 1934 par un syndicaliste métallurgiste du bassin houiller de Donbass, en Ukraine orientale, qui a rassemblé autour de lui plusieurs ouvriers distingués de l’ordre du mérite, ayant droit à ce titre à un dimanche chômé par mois (ce qui facilitait les entrainements). La ville de Donetsk – dénommée à l’époque Stalino – accueilli le club et lui céda un terrain l’année suivante, sur un ancien champ de rhubarbe.
Sur cette photographie, on peut voir l’équipe première, à la veille d’un match de gala contre les Ours blancs de Stalingrad en février 1935 (remarquez la rusticité de l’équipement de l’époque ; les maillots ne seront acquis qu’en 1937 quand le club passera professionnel).
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L'équipe du Shakhtar en 1935
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L’équipe de jeunes, photographiée en 1947 à Moscou lors des Jeux de la Faucille Dorée.
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L'équipe de jeunes en 1947
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Ici, la section des supporters dite Ramón Mercader (photographie non datée).
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Les supporters de la section Ramon Mercader
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Le président Groshky, entouré de ses deux adjoints, regardant les résultats sportifs dans une gazette locale le 26 mars 1938. La veille, lors du derby des forges, le Shaktar avait explosé le Kraspshyuk de Donetsk 7 à 2 !
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Le président et ses deux adjoints
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Après les matchs, il faut bien replanter la rhubarbe. Photographie du stade Svetlana Staline de Donetsk, prise lors de la grande famine patriotique de 1942.
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La grande famine patriotique de 1942
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Le numéro 17 à l’infirmerie après un choc contre le stoppeur Petr Kardavian dit le “boucher du Caucase”, lors d’une rencontre avec le FC Erevan en juin 1940.
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Le numéro 17 à l'infirmerie
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Pour finir, des images contemporaines. Le Shakhtar a bien changé, le matériel s’est sophistiqué, comme les méthodes d’entraînement :
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Voir ce lien vidéo sur l’excellent Яutube
http://rutube.ru/tracks/1989678.html?v=b1ee8432a82023fb2aaadfc824661a04
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Toutes ces images et bien plus encore sur le site English Russia.



Au tour de DéDé ?


Aujourd’hui, la fédé va décider du sort de Raymond Domenech. Qu’il reste à la tête des bleus (ce qui paraît le plus probable) ou qu’il soit remplacé par Deschamps, quelles en seront les conséquences ? Analysons les équipes types de notre sélectionneur inflexible et de son prétendant, avant de suggérer la notre.

Equipe type de Domenech :

On vous avait dit que c’était pas un pédé Domenech

Coupet

Clerc
Boumsong
Abidal
Squillaci

A. Diarra
Toulalan
Malouda
Ribéry
Govou

Gomis

Un 4-5-1 sécurisant, qui compte plusieurs gloires lyonnaises (Coupet, Clerc, Boumsong, Squilacci, Toulalan, Govou) que les plus grands clubs étrangers jalousent, mais aussi des ex-gloires lyonnaises (A. Diarra, Abidal, Malouda) qui sont arrivés au sommet de leur carrière et éclaboussent de toute leur classe les plus belles pelouses d’Europe. Ajoutez à cela de l’audace en attaque (Bafétimbi “One-Hit-Wonder” Gomis en pointe), avec une option pour ce vieux renard d’Henry, toujours prêt à rentrer en jeu à la 92ème minute pour faire basculer un match.

Equipe type de Deschamps :

La pression monte pour Didier

Barthez

Thuram
Blanc
Sagnol

Makelele
Toulalan
Vieira
Micoud
Pirès

Trézéguet
Henry

Un 3-5-2 équilibré, qui allie avec subtilité la fougue de la jeunesse (Toulalan) à l’expérience des anciens (Barthez, Thuram, Blanc, Sagnol, Makelele, Vieira, Micoud, Pirès, Trézéguet, Henry). Avec en prime, le retour aux affaires de Laurent Blanc et du divin chauve pour encadrer les talents émergents (Toulalan-joue-là-comme-Deschamps) et insuffler l’esprit de France 98 aux jeunes (Toulalan). Un milieu de terrain solide et combattif (Toulalan), à l’image du sélectionneur. Rien ne semble pouvoir arrêter cette équipe, si ce n’est le temps…

Mon équipe type :

Sélectionneur :

Eric Cantona. Le seul capable d’apporter de la folie sans faire défaut d’autorité. En plus, il n’est pas du sérail. Idéal pour “poser ses couilles sur le terrain”, pour paraphraser Jérôme Rothen.

OMG…

Mandanda

Evra
Mexès
Gallas
Diarra

Toulalan
Vieira
Ben Arfa
Ribéry
Nasri

Benzema

Coupet carbonisé et à la rue (l’Atletico Madrid hésite à allonger 3 millions pour s’offrir ses services), Frey traumatisé à vie par sa boulette ukrainienne et Landreau en pleine psychothérapie de choc, la voie est toute tracée pour Mandanda pour le poste de gardien.

En défense centrale, le retour du roc romain Mexès, articulé au pseudo-ancien Gallas me semble le choix le plus sûr.
Sur les côtés, l’Euro a définitivement prouvé, s’il le fallait encore, l’indéniable supériorité d’Evra sur ce croque-mort d’Abidal, que ce soit pour l’animation du jeu comme pour la sûreté défensive. Sur la droite, ça m’étonnerait que Sagnol puisse se relever de sa saison crépusculaire. Je préférerais alors à ce poste Lassana Diarra, pour ce qu’il a déjà montré en amical en bleu, plutôt que le novice Sagna.

Pour les postes de milieu défensif, on ne peut pas reprocher grand chose à Toulalan, si ce n’est sa faiblesse technique. Mais bon, il ratisse… Le retour du fringuant et toujours percutant Vieira devrait nous faire beaucoup de bien.
Pour l’animation offensive, je pencherais pour une combinaison culottée avec Nasri et Ben Arfa sur les ailes, ce qui permettrait à Ribéry de jouer dans une position axiale ou plutôt d’électron libre, comme il l’affectionne au Bayern.

En attaque, une seule pointe, Benzema. Pourquoi une seule pointe ? Parce que ce serait la meilleure solution pour que la France puisse construire du jeu : si on ne marque plus, ce n’est pas à cause d’un trop peu d’attaque, mais surtout parce que depuis le départ de Zidane, personne fait le taf pour apporter des ballons vers l’avant. En faisant combiner Ribéry, Nasri et Ben Arfa, on pourrait arriver à des choses intéressantes dans la percussion et la distribution du ballon, et essoufler les défenses adverses plus rapidement qu’en faisant jouer deux attaquants isolés.
Et puis j’ai surtout pas envie de voir Henry faire la ballerine et sautiller le petit doigt en l’air dès qu’on lui chope la balle. Quant à Anelka, ça fait six mois qu’il ne marque plus, depuis qu’il compte ses billets à Chelsea, qu’il sponsorise des burgers et qu’il fait la couverture de GQ. Quant à Cissé, c’est Cissé. En revanche le retour de Trézéguet comme joker, dans un rôle qu’il a toujours su remplir efficacement, me semble justifié.

Voilà qui pourrait être une équipe pour construire l’avenir, avec seulement deux joueurs de plus de trente ans (Vieira et Gallas, 31 ans tous les deux) et une tripotée de jeunes talents (Mandanda, Diarra, Nasri, Ben Arfa, Benzema) et de moins jeunes déjà confirmés (Mexès, Evra, Toulalan, Ribéry). Après ça, il va falloir réapprendre à faire circuler la balle, à prendre des risques, à combiner, à faire des centres, à varier les approches, bref à joueur au ballon, et à défaut d’être champion du monde, on pourra au moins présenter un jeu pas trop dégueulasse à regarder. Quitte à ce que ça se termine comme pour les Pays-Bas cette année…