Cette semaine dans mon quartier (quaaaartier !) c’est la “La Goutte d’Or en fête”, un festival de rue organisé par des associations du coin et autres repères de rastaquouères de tous poils. Et volontairement ou non, cette année le festival semble placé sous le signe des gitans.
Tout a commencé mardi par un retour aux sources, avec les bien nommés “Gitans du Rajahstan”, un groupe à mi chemin entre Ravi Shankar et Tarkan qui s’est produit dans le chœur de l’église St Bernard. Avec en prime une danseuse contorsionniste assez sensuelle, blindée de clochettes, bougeoir sur la tête et sabre rituel entre les dents, qui laissait comme une vague impression BDSM pour le moins incongrue en ce lieu sacré.
Ça n’a rien à voir mais le lendemain c’était scène ouverte “jeunes” devant l’église, intitulé pudique qui cachait une démonstration de shake your booty, façon américain-frites mâtinée de dancehall, le Dirty South dans ton jardin. Du grand spectacle.
Et pour en revenir aux gitans, ce soir c’est concerts hip hop avec entre autres La Fouine [Banlieue Oueeeeest ], Salif et Seth Gueko.
Pour les n00bs, Seth Gueko dit “l’Iguane”, de son vrain nom Nicolas Salvadori, est un rappeur semi-underground trash originaire du quartier de L’Aumône (sic) à St-Ouen, d’un père italien et d’une mère russe, et qui se prétend gitan.
Ce dernier a marqué les mémoires avec des formules choc comme “J’arrive tête de roumain, zgueg de poulain, tu-tu-tu-tu-tu peux pas faire plus masculin”, “On a l’ADN de Ben Laden mais on veut la BM à Ben Affleck” ou encore “J’suis en plein dans l’âge ingrat, j’lèche pas les vagins gras”.
Curieux d’en savoir plus sur les prétentions nomades du personnage, qui semble-t-il n’est pas gitan pour un sou mais aurait passé pas mal de temps autour de camps de manouche dans sa jeunesse, je suis parti à la recherche d’hypothétiques rappeurs gitans sur Google. En vain, par contre j’ai mis le doigt sur des performances qui s’en rapprochent :
Sur un mode ouvertement parodique, on retrouve notre ami Gueko et l’impressionnant 25g dans le clip “Cabochards”, qui présente un témoignage très personnel sur la vie d’un camp de gitans, le tout servi par une mise en scène irréprochable.
Autre clip, “L’Oriental” de R-Can, filmé dans les rues du quartier St-Jacques de Perpignan (qui paraît-t-il rassemble la plus grande communauté gitan sédentarisée d’Europe). C’est moyen et les gitans n’apparaissent que dans le décor.
Sinon, pour finir sur une note optimiste, cette vidéo d’un rom, titrée “Rappeur roumain de merde” sur Dailymotion, qui est à se pisser dessus.
Mais où sont-ils mes gitans ? Tous mes gitans, je dis bien, tous mes gitans… Le nomadisme ne se prête-t-il pas aux musiques actuelles ?
Hélas, un certain “Syntaxe” semble être un authentique rappeur manouche, mais il est plus manouche que rappeur et beaucoup trop sérieux pour exciter nos préjugés. En plus il revendique l’héritage musical de Reinhardt & Co. et il est pote avec San Severino (!), donc là on dit non. Zéro.
Mieux vaut en rester aux mythologies foraines de Gueko…



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LapinNoir a dit,
27-6-2008 à 18:36:31 IP 81.242.210.46“patate de gitan” rien que ça, je me suis pissé dessus