Si vous n’avez pas eu mot de cette histoire, c’est sans doute que vous vivez dans une cave en Autriche. Pour vous mettre à jour, par ici.
Le véritable visage de l’ermite de Roquebrune
Publié 11 juillet 2008 dans Uncategorized 0 CommentairesAujourd’hui, la fédé va décider du sort de Raymond Domenech. Qu’il reste à la tête des bleus (ce qui paraît le plus probable) ou qu’il soit remplacé par Deschamps, quelles en seront les conséquences ? Analysons les équipes types de notre sélectionneur inflexible et de son prétendant, avant de suggérer la notre.
Equipe type de Domenech :
Coupet
Clerc
Boumsong
Abidal
Squillaci
A. Diarra
Toulalan
Malouda
Ribéry
Govou
Gomis
Un 4-5-1 sécurisant, qui compte plusieurs gloires lyonnaises (Coupet, Clerc, Boumsong, Squilacci, Toulalan, Govou) que les plus grands clubs étrangers jalousent, mais aussi des ex-gloires lyonnaises (A. Diarra, Abidal, Malouda) qui sont arrivés au sommet de leur carrière et éclaboussent de toute leur classe les plus belles pelouses d’Europe. Ajoutez à cela de l’audace en attaque (Bafétimbi “One-Hit-Wonder” Gomis en pointe), avec une option pour ce vieux renard d’Henry, toujours prêt à rentrer en jeu à la 92ème minute pour faire basculer un match.
Equipe type de Deschamps :
Barthez
Thuram
Blanc
Sagnol
Makelele
Toulalan
Vieira
Micoud
Pirès
Trézéguet
Henry
Un 3-5-2 équilibré, qui allie avec subtilité la fougue de la jeunesse (Toulalan) à l’expérience des anciens (Barthez, Thuram, Blanc, Sagnol, Makelele, Vieira, Micoud, Pirès, Trézéguet, Henry). Avec en prime, le retour aux affaires de Laurent Blanc et du divin chauve pour encadrer les talents émergents (Toulalan-joue-là-comme-Deschamps) et insuffler l’esprit de France 98 aux jeunes (Toulalan). Un milieu de terrain solide et combattif (Toulalan), à l’image du sélectionneur. Rien ne semble pouvoir arrêter cette équipe, si ce n’est le temps…
Mon équipe type :
Sélectionneur :
Eric Cantona. Le seul capable d’apporter de la folie sans faire défaut d’autorité. En plus, il n’est pas du sérail. Idéal pour “poser ses couilles sur le terrain”, pour paraphraser Jérôme Rothen.
Mandanda
Evra
Mexès
Gallas
Diarra
Toulalan
Vieira
Ben Arfa
Ribéry
Nasri
Benzema
Coupet carbonisé et à la rue (l’Atletico Madrid hésite à allonger 3 millions pour s’offrir ses services), Frey traumatisé à vie par sa boulette ukrainienne et Landreau en pleine psychothérapie de choc, la voie est toute tracée pour Mandanda pour le poste de gardien.
En défense centrale, le retour du roc romain Mexès, articulé au pseudo-ancien Gallas me semble le choix le plus sûr.
Sur les côtés, l’Euro a définitivement prouvé, s’il le fallait encore, l’indéniable supériorité d’Evra sur ce croque-mort d’Abidal, que ce soit pour l’animation du jeu comme pour la sûreté défensive. Sur la droite, ça m’étonnerait que Sagnol puisse se relever de sa saison crépusculaire. Je préférerais alors à ce poste Lassana Diarra, pour ce qu’il a déjà montré en amical en bleu, plutôt que le novice Sagna.
Pour les postes de milieu défensif, on ne peut pas reprocher grand chose à Toulalan, si ce n’est sa faiblesse technique. Mais bon, il ratisse… Le retour du fringuant et toujours percutant Vieira devrait nous faire beaucoup de bien.
Pour l’animation offensive, je pencherais pour une combinaison culottée avec Nasri et Ben Arfa sur les ailes, ce qui permettrait à Ribéry de jouer dans une position axiale ou plutôt d’électron libre, comme il l’affectionne au Bayern.
En attaque, une seule pointe, Benzema. Pourquoi une seule pointe ? Parce que ce serait la meilleure solution pour que la France puisse construire du jeu : si on ne marque plus, ce n’est pas à cause d’un trop peu d’attaque, mais surtout parce que depuis le départ de Zidane, personne fait le taf pour apporter des ballons vers l’avant. En faisant combiner Ribéry, Nasri et Ben Arfa, on pourrait arriver à des choses intéressantes dans la percussion et la distribution du ballon, et essoufler les défenses adverses plus rapidement qu’en faisant jouer deux attaquants isolés.
Et puis j’ai surtout pas envie de voir Henry faire la ballerine et sautiller le petit doigt en l’air dès qu’on lui chope la balle. Quant à Anelka, ça fait six mois qu’il ne marque plus, depuis qu’il compte ses billets à Chelsea, qu’il sponsorise des burgers et qu’il fait la couverture de GQ. Quant à Cissé, c’est Cissé. En revanche le retour de Trézéguet comme joker, dans un rôle qu’il a toujours su remplir efficacement, me semble justifié.
Voilà qui pourrait être une équipe pour construire l’avenir, avec seulement deux joueurs de plus de trente ans (Vieira et Gallas, 31 ans tous les deux) et une tripotée de jeunes talents (Mandanda, Diarra, Nasri, Ben Arfa, Benzema) et de moins jeunes déjà confirmés (Mexès, Evra, Toulalan, Ribéry). Après ça, il va falloir réapprendre à faire circuler la balle, à prendre des risques, à combiner, à faire des centres, à varier les approches, bref à joueur au ballon, et à défaut d’être champion du monde, on pourra au moins présenter un jeu pas trop dégueulasse à regarder. Quitte à ce que ça se termine comme pour les Pays-Bas cette année…
Cette semaine dans mon quartier (quaaaartier !) c’est la “La Goutte d’Or en fête”, un festival de rue organisé par des associations du coin et autres repères de rastaquouères de tous poils. Et volontairement ou non, cette année le festival semble placé sous le signe des gitans.
Tout a commencé mardi par un retour aux sources, avec les bien nommés “Gitans du Rajahstan”, un groupe à mi chemin entre Ravi Shankar et Tarkan qui s’est produit dans le chœur de l’église St Bernard. Avec en prime une danseuse contorsionniste assez sensuelle, blindée de clochettes, bougeoir sur la tête et sabre rituel entre les dents, qui laissait comme une vague impression BDSM pour le moins incongrue en ce lieu sacré.
Ça n’a rien à voir mais le lendemain c’était scène ouverte “jeunes” devant l’église, intitulé pudique qui cachait une démonstration de shake your booty, façon américain-frites mâtinée de dancehall, le Dirty South dans ton jardin. Du grand spectacle.
Et pour en revenir aux gitans, ce soir c’est concerts hip hop avec entre autres La Fouine [Banlieue Oueeeeest ], Salif et Seth Gueko.
Pour les n00bs, Seth Gueko dit “l’Iguane”, de son vrain nom Nicolas Salvadori, est un rappeur semi-underground trash originaire du quartier de L’Aumône (sic) à St-Ouen, d’un père italien et d’une mère russe, et qui se prétend gitan.
Ce dernier a marqué les mémoires avec des formules choc comme “J’arrive tête de roumain, zgueg de poulain, tu-tu-tu-tu-tu peux pas faire plus masculin”, “On a l’ADN de Ben Laden mais on veut la BM à Ben Affleck” ou encore “J’suis en plein dans l’âge ingrat, j’lèche pas les vagins gras”.
Curieux d’en savoir plus sur les prétentions nomades du personnage, qui semble-t-il n’est pas gitan pour un sou mais aurait passé pas mal de temps autour de camps de manouche dans sa jeunesse, je suis parti à la recherche d’hypothétiques rappeurs gitans sur Google. En vain, par contre j’ai mis le doigt sur des performances qui s’en rapprochent :
Sur un mode ouvertement parodique, on retrouve notre ami Gueko et l’impressionnant 25g dans le clip “Cabochards”, qui présente un témoignage très personnel sur la vie d’un camp de gitans, le tout servi par une mise en scène irréprochable.
Autre clip, “L’Oriental” de R-Can, filmé dans les rues du quartier St-Jacques de Perpignan (qui paraît-t-il rassemble la plus grande communauté gitan sédentarisée d’Europe). C’est moyen et les gitans n’apparaissent que dans le décor.
Sinon, pour finir sur une note optimiste, cette vidéo d’un rom, titrée “Rappeur roumain de merde” sur Dailymotion, qui est à se pisser dessus.
Mais où sont-ils mes gitans ? Tous mes gitans, je dis bien, tous mes gitans… Le nomadisme ne se prête-t-il pas aux musiques actuelles ?
Hélas, un certain “Syntaxe” semble être un authentique rappeur manouche, mais il est plus manouche que rappeur et beaucoup trop sérieux pour exciter nos préjugés. En plus il revendique l’héritage musical de Reinhardt & Co. et il est pote avec San Severino (!), donc là on dit non. Zéro.
Mieux vaut en rester aux mythologies foraines de Gueko…







